Le rythme climatologique du Roussillon est marqué par deux saisons principales :
- la saison sèche, en été,
- la saison des pluies, en automne et endébut de printemps.
La pluviométrie, caractéristique d'un climat méditerranéen, n'est, en moyenne, que de 19 mm en juillet tandis qu'elle atteint 85 mm en octobre. La majeure partie du vignoble reçoit donc dans l'année 500 à 600 mm de pluie, surtout en automne, principalement en octobre et en novembre. En cette saison, une part importante de l'eau tombe sous forme d'orages violents, voire brutaux (435 mm en 24 heures, le 26 octobre 1915 à Perpignan).
De paisibles ravins à sec se transforment alors en quelques heures en torrents dévastateurs. Une partie de l'eau se perd en ruissellement, rendant indispensables, sur les coteaux pentus, la présence de réseaux de rigoles très complexes qui permettent de canaliser les eaux de pluie et de lutter contre l'érosion.
Ces pluies d'automne permettent de reconstituer une grande partie des réserves hydriques du sol. La vigne, enracinée en profondeur, y puisera tout l'été.
Il est intéressant de remarquer que ces pluies sont extrêmement irrégulières selon les années (815 mm en octobre 1965 à Rivesaltes, pas une goutte pour le même mois en 1973) mais qu'elles sont aussi souvent extrêmement localisées (480 mm d'eau le 13 octobre 1986 à Canet-Plage et seulement 70 mm à Perpignan-Llabanère, à 14 km de là...).
L'insolation est forte, régulière en saison, oscillant entre 138 heures mensuelles (décembre) et 315 heures (juillet). Entre 1946 et 1994, les durées d'insolation moyenne atteignent 2 531 heures par an (2 590 à Perpignan). Avec 1 572 heures et 1 601 heures d'insolation du 1er avril au 30 septembre, 1985 et 1989 ont été deux millésimes particulièrement ensoleillés. Avec 1 593 heures, 1998 n'est pas en reste et justifie sa réputation de gran millésime.
L'hiver est doux et l'été chaud. La moyenne annuelle des températures sur les vignobles du Roussillon est de 15 degrés. Mais les températures des dernières années ne sont pas aussi régulières qu'on pourrait le croire : 1984, 1992 et 1993 ont été plutôt plus frais ; 1989, 1990 et 1994 plutôt plus chauds.
Le nombre de jours de gel est faible, une quinzaine par an en moyenne, plus important sur les vignobles de l'ouest que sur ceux de la plaine littorale. Les températures extrêmes peuvent aller de + 40 degrés à - 11 degrés et on se souvient encore des gels dévastateurs de 1956 qui ont détruit vignes et oliviers, ces derniers n'ayant jamais vraiment été replantés.
Les vents, nombreux, intenses, soufflent un jour sur trois environ.
Le narbonnais, sec et froid, vient du nord. Il alterne avec la tramontane, un vent desséchant qui souffle du nord-ouest et se caractérise par sa violence : 100 à 120 km/h sont choses courantes et l'on se souvient des rafales de plus de 180 km/h mesurées à Perpignan en 1954.
Ils accélèrent l'évaporation au niveau du sol et de la plante, et préparent la maturation précoce, rapide et complète du raisin. En année humide, ils favorisent également le séchage rapide des grappes, empêchent le développement de pourriture et protègent la vigne de nombreuses maladies. Si les vitesses les plus rapides sont enregistrées en janvier et en février, c'est pendant la période végétative qu'ils peuvent entraîner des dégâts importants.
Certaines années, rares heureusement, les vents violents venus de l'ouest et refroidis par leur passage sur les sommets neigeux des Pyrénées peuvent provoquer des gelées catastrophiques comme en 1977.
Enfin, le marin, doux et humide, venu du sud-est, et le levant de l'Est, sont plus rares et apportent souvent la pluie tandis que les vents d'Espagne, chauds et parfois très secs, apportent parfois sur la région des ambiances douces et parfumées qui rappellent l'Afrique du Nord.